CHASSE À COURRE
À LA CROISÉE DES MONDES

Avons-nous besoin de partir à l’autre bout du monde pour nous sentir étranger d’un
peuple, d’une coutume ou d’une culture ? Pour que le dialogue se fasse ne faut-il pas dépasser la peur de l’inconnu ou les a priori d’un inconscient collectif qui pèse sur nos épaules et notre éducation selon le lieu où nous avons grandi ?

Il y a quatre ans, à trente-sept ans, j'ai découvert l’existence de la chasse à courre. Curieuse par nature et toujours férue de nouvelles aventures, l’idée de m’embarquer, en France, dans une odyssée extraordinaire me décida à sauter le pas. Après quelques recherches internet, c’est Charles Fougea, ancien maître d’équipage du Rallye Fontainebleau, qui répondit à mon appel. Après les présentations d’usage, il m’emporta avec lui dans un voyage extraordinaire à travers les us et coutumes de ce monde qui m’était totalement inconnu. Il m’apprit ce qu’était un veneur, un piqueux ; il m’expliqua les enjeux écologiques, le travail et l’amour des chiens, la lecture et le respect profond de la nature, les saisons… J’appris qu’une femme pouvait être maître d’équipage, qu’elle pouvait monter et chasser en amazone, que six animaux étaient chassés à courre, que c’était le chien qui chassait et non l’homme qui tirait, que certains animaux n’avaient plus de prédateurs naturels, qu’en France il y avait 400 équipages, dix mille pratiquants, cent mille sympathisants et, surtout que tous ne descendaient pas de Louis XIV…